Pour la deuxième année consécutive, le salon de la technologie et des innovations digitales VivaTech, qui s’est tenu les 16,17 et 18 mai derniers à la porte de Versailles, a mis l’AfricaTech à l’honneur – pour un panorama de l’édition 2018, voir ici.

L’occasion de présenter quelques-unes des startups africaines les plus innovantes, mais aussi de s’interroger sur les opportunités et contraintes propres au continent africain en termes d’innovation.

Un premier élément remarquable au sujet des startups africaines mises en avant lors de VivaTech est leur grande diversité : des solutions de paiement innovantes (mobile money, blockchain) aux plateformes de commerce en ligne, en passant par les solutions digitales pour lutter contre le vol de bétail, dont souffrent notamment les éleveurs au Nigéria et au Sénégal – le manque à gagner est estimé à 85 milliards de FCFA. Ainsi, la startup Africa Smart Citizen a mis en œuvre un prototype de surveillance reposant sur un détecteur intelligent et géolocalisé.

La croissance des plateformes e-commerce et des solutions reposant sur le mobile money reflètent les progrès du secteur, soulignés notamment dans le rapport annuel du GSMA sur la question, dont nous rendions compte ici. À titre d’exemple, la plateforme Awale Biz, vise à promouvoir le « made in Africa » et l’artisanat local (jeux, textiles, agro-alimentaire, etc.) grâce au levier du e-commerce. Fonctionnant davantage dans une logique de peer-to-peer, la plateforme gratuite Coin Afrique, « version africaine de leboncoin », développée à Dakar, cherche à renforcer la visibilité des petites annonces, en incitant ses utilisateurs à dénicher les bonnes affaires à proximité de chez eux.

D’autres initiatives sont davantage centrées sur les objectifs de développement durable (SDGs), et privilégient des business models à fort impact social. Ainsi, l’entreprise Baloon cherche à démocratiser l’accès à l’assurance en Afrique, en s’adressant en priorité aux populations les plus précaires du « bas de la pyramide » (BoP). Grâce au digital, l’entreprise vise à renforcer la transparence entre assureurs et assurés et réduire la fraude, tout en réduisant les délais de remboursement.

Si ces initiatives brillent par leur inventivité – la page de l’afro-pessimisme des années 1990 semblant définitivement tournée, il convient, selon l’entrepreneur Christian Jekinnou qui s’exprimait récemment dans une tribune, de voir au-delà de la « startup mania » : si la création d’entreprises innovantes est certes dynamique en Afrique, elle ne saurait incarner la solution miracle aux enjeux de développement.

Par ailleurs, si les initiatives sont foisonnantes, elles demeurent dans la plupart des cas relativement peu pérennes, et faiblement ancrées localement, d’où la nécessité de mettre les structures d’accompagnement (incubateurs, accélérateurs, « fablab ») au cœur des stratégies de développement en Afrique. Pour en savoir plus, consulter le guide de l’organisation internationale de la francophonie sur les Enjeux et opportunités des incubateurs en Afrique de l’Ouest.