L’édition 2019 du salon VivaTech s’est déroulée du 16 au 18 mai à la porte de Versailles : l’occasion de présenter aux professionnels et au grand public les dernières innovations technologiques, mais aussi de mettre en lumière des initiatives innovantes en matière d’entrepreneuriat social. Comment mettre la technologie et les plateformes digitales au service du business inclusif ? C’est à cette interrogation qu’ont tenté de répondre les nombreuses startups mises en avant via le panel « Tech4Good ».

Tandis que la numérisation des rapports sociaux ou « l’ubérisation » croissante de l’économie sont parfois dénoncées comme porteuses d’un affaiblissement du lien social, corollaire d’un renforcement de la précarité – pour en savoir plus, on peut regarder avec profit le débat organisé le 15 mai 2019 par la Fondation Jean Jaurès sur le thème : « à l’âge du numérique, comment accompagner et sécuriser le travail ? » –, le panel Tech4Good visait au contraire à promouvoir des initiatives technologiques à fort impact social. Développées en France comme dans les pays émergents, et portant sur des problématiques diverses et variées, celles-ci ont permis de balayer le spectre des objectifs de développement établis par l’ONU en 2015 (SDGs, Sustainable Development Goals).

Le talk portant sur « Technologies et coalitions pour une société plus inclusive » fut ainsi l’occasion de faire dialoguer grandes entreprises (IBM, BNP Paris) et associations sur la question. Ainsi, l’association ENTOURAGE, créée en 2012, a présenté sa plateforme digitale visant à rapprocher les sans-abris et les habitants d’un même quartier. Dans ce cas, comme souligné par la responsable communication d’Entourage Claire Duizabo, la technologie est un outil pour recréer du lien social. En termes de modèle économique et de fonctionnement, l’association œuvre également à l’insertion professionnelle des sans-abris, qui composent 50% de son équipe restreinte. Les représentants des grandes entreprises interrogés ont aussi insisté sur le défi que représente, à l’échelle du territoire français, l’inclusion numérique.

Dans cette même perspective, le plan d’actions « Une chance pour chaque jeune », dont le but est d’œuvrer à l’amélioration de l’égalité des chances, a été dévoilé au cours de VivaTech, en partenariat avec la région des Hauts de France.

Parmi les nombreuses innovations mises en lumière, plusieurs concernaient l’accès à la santé dans les pays émergents. Débattant de la manière la plus efficace d’améliorer l’accès aux services de santé des populations les plus précaires, dites du « bas de la pyramide », Ramanan Laxminarayan, fondateur du dispositif HealthCube – un boitier permettant d’effectuer chez soi un certain nombre de diagnostics médicaux – et Marie Kyle, de BIMA – une entreprise de micro-assurance – ont souligné que dans leurs deux cas, le processus d’innovation est « inversé » (reverse innovation) : les nouveaux produits sont conçus et testés dans les pays émergents, puis, dans un second temps seulement, accèdent aux marchés des pays développés.

Dans un autre domaine, Joséphine Goube a présenté l’application TECHFUGEES, dont le but est de faciliter l’intégration des réfugiés via l’organisation d’hackathons ou de rencontres avec des entreprises tech pourvoyeuses d’emploi.

La liste des startups tentant de mettre la technologie au service de projets à fort impact social est longue. Loin du « social washing », ces initiatives semblent au contraire illustrer une évolution de fond, qu’a confirmé la tenue récente du sommet « Tech for Good », organisé à l’Élysée pour « mettre les nouvelles technologies au service de chacun ».